Fin janvier, je me retrouvais de nouveau seul. Maman venait de repartir, mes colocs avait aussi fuit la baraque. Bref c’était un nouveau départ.
Je savais qu’un tout nouveau semestre allait se profiler. En effet la plupart des étudiants internationaux ne restent qu’un seul semestre et les 3 mois de vacances font que les deux semestres sont deux expériences différentes. On quitte des gens qui étaient devenus de très bons amis, on reprend les cours dans une universités qu’on connaît, on est plus tant dans l’excitation et l’enthousiasme des débuts. C’est une agréable sensation car bien qu’on connaisse les lieux, le pays, il est difficile de savoir à quoi ca va bien ressembler. Un tout nouveau groupe d’étudiants internationaux, de nouveaux cours, de nouvelles activités, de nouveaux projets, de nouvelles aventures et voyages…
Etonnement il y a à la fois nouveauté et continuité, c’est un mélange intéressant. Je savais que j’avais pris mes marques mais j’étais content d’avoir un autre semestre pour continuer à decouvrir l’Afrique du Sud plus en profondeur.
En effet ce semestre je reste beaucoup plus avec mes amis sud africains (surtout ceux de mon programme) et quelques étudiants internationaux du semestre dernier (notamment Greg et Maru avec qui j’ai voyagé). Et puis j’ai continué mon engagement au sein du HIV program avec beaucoup plus d’activités et de responsabilités. J’ai pris du grade comme on dit !
Peer education training on the West Coast
Fin janvier, quand j’avais réglé les petits tracas (trouver un endroit où dormir… j’ai finalement pu renouveler le contrat de mon appart), j’ai eu 5 jours de formation avec tout le groupe de Peer Educators. Nous étions tous réunis dans un merveilleux camp sur la côté ouest. Isolé en pleine nature sur la côté ouest (à une centaine de km du Cap) le lieu était propice à une bonne ambiance de travail et de merveilleuses soirées camping !
C’était aussi 5 jours de groupes de travail où on a planifié la campagne de test qu’on organise sur le Campus en Mars. Enormément de travail donc puisqu’il fallait réaliser la campagne la plus réussie avec un tout petit budget. En gros c’était un budget de 1000 euros pour faire toute la campagne de marketing et de médiatisation de l’évènement. Je vous assure ce n’est rien quand on ambitionne de faire des posters, des spots radios, des spots TV, des tracts, des articles dans les journaux…
Heureusement on a un groupe tellement efficaces. Ces 5 jours étaient l’occasion de renforcer les liens qui nous lient, aussi d’apprendre à connaitre certains qui n’étaient alors que des « collègues ».
Il faut dire que la mort de Steve a agi comme un ciment au sein du groupe. D’ailleurs on a ouvert notre séminaire de 5 jours en honorant sa mémoire. C’était la première fois qu’on se retrouvait tous ensemble, qu’on en parlait en groupe. On a ouvert ce sujet avec l’ensemble des peer educators et ce fut très éprouvant, émouvant mais bénéfique. Sandile, Sidney, Quinton et moi-même qui étions parmi les amis les plus proches de Steve (mais aussi présents dans ses derniers moments) avons raconté un peu les moments difficiles après sa mort, l’enterrement mais aussi ce qu’on savait sur l’évènement (encore beaucoup de peer educators ne savaient pas exactement bien ce qui s’était passé). Ce fut dur de rouvrir les plaies surtout devant le groupe mais ce furent les moments les plus forts du séminaire. Ca a tellement soudé le groupe, beaucoup pleuraient, on se tenait les mains, on a parlé du racisme, certains ont fait part de leur propre histoire (Yena, une peer educator dont le père fut assassiné par le gouvernement de l’Apartheid mais qui mène une lutte personnelle pour ne pas céder à la haine et elle refuse de voir dans les blancs aujourd’hui les fautifs de la mort de son père). Bref c’était encore un de ces moments incroyablement forts, parce qu’ils sont pleins de douleur mais cette douleur est écrasée par la force du groupe, le soutien, la solidarité, la compassion, l’amitié et tout simplement l’humanité des gens qui composaient le groupe.

Groupes de travail

Peer education (promotion 2006-2007) ... mais où est Charlie ?
la localisation de notre camp sur la West Coast
Fin janvier, je me retrouvais de nouveau seul. Maman venait de repartir, mes colocs avait aussi fuit la baraque. Bref c’était un nouveau départ.
Je savais qu’un tout nouveau semestre allait se profiler. En effet la plupart des étudiants internationaux ne restent qu’un seul semestre et les 3 mois de vacances font que les deux semestres sont deux expériences différentes. On quitte des gens qui étaient devenus de très bons amis, on reprend les cours dans une universités qu’on connaît, on est plus tant dans l’excitation et l’enthousiasme des débuts. C’est une agréable sensation car bien qu’on connaisse les lieux, le pays, il est difficile de savoir à quoi ca va bien ressembler. Un tout nouveau groupe d’étudiants internationaux, de nouveaux cours, de nouvelles activités, de nouveaux projets, de nouvelles aventures et voyages…
Etonnement il y a à la fois nouveauté et continuité, c’est un mélange intéressant. Je savais que j’avais pris mes marques mais j’étais content d’avoir un autre semestre pour continuer à decouvrir l’Afrique du Sud plus en profondeur.
En effet ce semestre je reste beaucoup plus avec mes amis sud africains (surtout ceux de mon programme) et quelques étudiants internationaux du semestre dernier (notamment Greg et Maru avec qui j’ai voyagé). Et puis j’ai continué mon engagement au sein du HIV program avec beaucoup plus d’activités et de responsabilités. J’ai pris du grade comme on dit !
Peer education training on the West Coast
Fin janvier, quand j’avais réglé les petits tracas (trouver un endroit où dormir… j’ai finalement pu renouveler le contrat de mon appart), j’ai eu 5 jours de formation avec tout le groupe de Peer Educators. Nous étions tous réunis dans un merveilleux camp sur la côté ouest. Isolé en pleine nature sur la côté ouest (à une centaine de km du Cap) le lieu était propice à une bonne ambiance de travail et de merveilleuses soirées camping !
C’était aussi 5 jours de groupes de travail où on a planifié la campagne de test qu’on organise sur le Campus en Mars. Enormément de travail donc puisqu’il fallait réaliser la campagne la plus réussie avec un tout petit budget. En gros c’était un budget de 1000 euros pour faire toute la campagne de marketing et de médiatisation de l’évènement. Je vous assure ce n’est rien quand on ambitionne de faire des posters, des spots radios, des spots TV, des tracts, des articles dans les journaux…
Heureusement on a un groupe tellement efficaces. Ces 5 jours étaient l’occasion de renforcer les liens qui nous lient, aussi d’apprendre à connaitre certains qui n’étaient alors que des « collègues ».
Il faut dire que la mort de Steve a agi comme un ciment au sein du groupe. D’ailleurs on a ouvert notre séminaire de 5 jours en honorant sa mémoire. C’était la première fois qu’on se retrouvait tous ensemble, qu’on en parlait en groupe. On a ouvert ce sujet avec l’ensemble des peer educators et ce fut très éprouvant, émouvant mais bénéfique. Sandile, Sidney, Quinton et moi-même qui étions parmi les amis les plus proches de Steve (mais aussi présents dans ses derniers moments) avons raconté un peu les moments difficiles après sa mort, l’enterrement mais aussi ce qu’on savait sur l’évènement (encore beaucoup de peer educators ne savaient pas exactement bien ce qui s’était passé). Ce fut dur de rouvrir les plaies surtout devant le groupe mais ce furent les moments les plus forts du séminaire. Ca a tellement soudé le groupe, beaucoup pleuraient, on se tenait les mains, on a parlé du racisme, certains ont fait part de leur propre histoire (Yena, une peer educator dont le père fut assassiné par le gouvernement de l’Apartheid mais qui mène une lutte personnelle pour ne pas céder à la haine et elle refuse de voir dans les blancs aujourd’hui les fautifs de la mort de son père). Bref c’était encore un de ces moments incroyablement forts, parce qu’ils sont pleins de douleur mais cette douleur est écrasée par la force du groupe, le soutien, la solidarité, la compassion, l’amitié et tout simplement l’humanité des gens qui composaient le groupe.
L’ensemble du séminaire fut remarquable. On a travaillé comme des brutes, on a passé d’excellents moments tous ensemble. A la fin lors de clore le séminaire, beaucoup ont pleuré d’émotion (de fatigue aussi ?.. !). Je faisais partie de ceux-là car j’ai réalisé à quel point ce groupe de peer educators, les membres du staff sont devenus la famille qui me manque ici. Depuis le début je n’ai pas arrêté de grandir, de m’épanouir au sein du groupe. Et j’ai toujours considéré mes deux week-ends de formation comme ma première expérience avec la Rainbow Nation (la nation arc en ciel) dans le sens où l’Afrique du Sud était représentée à travers chaque peer educator (tous très divers, de toutes les couleurs, cultures, histoires différentes, caractères impressionnants, et surtout une intelligence et une ouverture d’esprit époustouflante). Les discussions, les ateliers, débats, émotions traversées nous avaient lié de manière impressionnante.
Avec le recul je me demande si ce n’est pas pour cela que la mort de Steve m’a tant affecté. Certes il y a le fait qu’on s’était beaucoup rapprochés une semaine avant son décès. Et puis on a passé du temps ensemble le jour même avant que ca arrive. Cela joue mais je me demande si d’une certaine manière ce n’était pas un sentiment de perdre un membre de ma nouvelle famille.