3e annee en Afrique du Sud

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Name: Thibault Hatton
Location: Stellenbosch, Western Cape, South Africa

Sunday, November 04, 2007

Deuxieme episode

On se retrouve au prochain episode. Tibafrica a un petit frere... Tibafrica 2 (http://www.tibafrica2.blogspot.com/). C'est donc la fin de Tibafrica avec quelques photos de cloture qui viennent combler le manque de recits sur la fin de ma 3e annee...

Mozambique (des airs de Madagascar)
Pres de la frontiere entre le Mozambique et l'Afrique du Sud. L'ecart des niveaux de developpement est marquant
Camping sur la West Coast (Elands Bay)
Cool Bay, ma plage preferee
... au coucher de soleil
Les ciels de feu photographies depuis mon toit
La peninsule du Cap quelques jours avant mon depart Le Bishop de l'eglise Saint-Paul (eglise noire de Kayamandi que j'ai suivi pendant 4mois pour faire un reportage photo). Il m'a beni la veille de mon retour en France (trouvant des mots exceptionnellement justes)
Le depart (avec Etienne gauche, Nanda au centre et Mike a droite)


Tuesday, April 10, 2007

IYVS - Mon cadeau de Nowel


Surtout ce qui m’attendait en cette fin janvier c’était mon cadeau de Noël… En effet, en Novembre, j’avais envoyé ma candidature pour prendre part à un sommet aux Etats-Unis. Ca s’appelle IYVS (International Youth Volunteering summit) et ca se passait à l’université de Northwestern à Chicago. Alex, mon ami américain qui était venu me voir m’avait encouragé à soumettre ma candidature. Je n’y ai pas cru mais j’ai tenté ma chance en rendant mon dossier à la toute dernière minute (c’était un 30 novembre à Gaborone au Botswana !).
Et puis, joli hasard, le jour où Alex me quitte à Durban (le 25 décembre), je recois un email qui me dit que je fais partie des 10 délégués internationaux sélectionnés pour assister au sommet ! Il me restait alors à me faire financer le trajet d’avion et j’y étais… C’était le cas quand j’ai appris avoir une bourse de 1000 dollars pour me payer le billet d’avion.

J’y allais donc dans le cadre de mon engagement contre le Sida en Afrique du Sud mais aussi pour faire valoir mon projet dont je ne cesse de parler sans l’avoir expliqué (ca fera l’objet du prochain article). Comme j’ai dit, je m’étais décidé à réaliser ce projet, prendre une année de plus pour le faire. Chicago est donc arrivé juste au bon moment. Un détonateur pour me faire prendre conscience que les choses allaient dans le bon sens. Ca me gonflait de volonté et de détermination.

En rentrant à Stellenbosch j’avais donc une réelle excitation de préparer ce voyage, réaliser la dimension de ce qui m’arrivait et prendre la mesure des opportunités qui s’ouvraient à moi.

Ca fait beaucoup je vous assure !

Back in the game

Fin janvier, je me retrouvais de nouveau seul. Maman venait de repartir, mes colocs avait aussi fuit la baraque. Bref c’était un nouveau départ.
Je savais qu’un tout nouveau semestre allait se profiler. En effet la plupart des étudiants internationaux ne restent qu’un seul semestre et les 3 mois de vacances font que les deux semestres sont deux expériences différentes. On quitte des gens qui étaient devenus de très bons amis, on reprend les cours dans une universités qu’on connaît, on est plus tant dans l’excitation et l’enthousiasme des débuts. C’est une agréable sensation car bien qu’on connaisse les lieux, le pays, il est difficile de savoir à quoi ca va bien ressembler. Un tout nouveau groupe d’étudiants internationaux, de nouveaux cours, de nouvelles activités, de nouveaux projets, de nouvelles aventures et voyages…

Etonnement il y a à la fois nouveauté et continuité, c’est un mélange intéressant. Je savais que j’avais pris mes marques mais j’étais content d’avoir un autre semestre pour continuer à decouvrir l’Afrique du Sud plus en profondeur.

En effet ce semestre je reste beaucoup plus avec mes amis sud africains (surtout ceux de mon programme) et quelques étudiants internationaux du semestre dernier (notamment Greg et Maru avec qui j’ai voyagé). Et puis j’ai continué mon engagement au sein du HIV program avec beaucoup plus d’activités et de responsabilités. J’ai pris du grade comme on dit !

Peer education training on the West Coast


Fin janvier, quand j’avais réglé les petits tracas (trouver un endroit où dormir… j’ai finalement pu renouveler le contrat de mon appart), j’ai eu 5 jours de formation avec tout le groupe de Peer Educators. Nous étions tous réunis dans un merveilleux camp sur la côté ouest. Isolé en pleine nature sur la côté ouest (à une centaine de km du Cap) le lieu était propice à une bonne ambiance de travail et de merveilleuses soirées camping !

C’était aussi 5 jours de groupes de travail où on a planifié la campagne de test qu’on organise sur le Campus en Mars. Enormément de travail donc puisqu’il fallait réaliser la campagne la plus réussie avec un tout petit budget. En gros c’était un budget de 1000 euros pour faire toute la campagne de marketing et de médiatisation de l’évènement. Je vous assure ce n’est rien quand on ambitionne de faire des posters, des spots radios, des spots TV, des tracts, des articles dans les journaux…

Heureusement on a un groupe tellement efficaces. Ces 5 jours étaient l’occasion de renforcer les liens qui nous lient, aussi d’apprendre à connaitre certains qui n’étaient alors que des « collègues ».

Il faut dire que la mort de Steve a agi comme un ciment au sein du groupe. D’ailleurs on a ouvert notre séminaire de 5 jours en honorant sa mémoire. C’était la première fois qu’on se retrouvait tous ensemble, qu’on en parlait en groupe. On a ouvert ce sujet avec l’ensemble des peer educators et ce fut très éprouvant, émouvant mais bénéfique. Sandile, Sidney, Quinton et moi-même qui étions parmi les amis les plus proches de Steve (mais aussi présents dans ses derniers moments) avons raconté un peu les moments difficiles après sa mort, l’enterrement mais aussi ce qu’on savait sur l’évènement (encore beaucoup de peer educators ne savaient pas exactement bien ce qui s’était passé). Ce fut dur de rouvrir les plaies surtout devant le groupe mais ce furent les moments les plus forts du séminaire. Ca a tellement soudé le groupe, beaucoup pleuraient, on se tenait les mains, on a parlé du racisme, certains ont fait part de leur propre histoire (Yena, une peer educator dont le père fut assassiné par le gouvernement de l’Apartheid mais qui mène une lutte personnelle pour ne pas céder à la haine et elle refuse de voir dans les blancs aujourd’hui les fautifs de la mort de son père). Bref c’était encore un de ces moments incroyablement forts, parce qu’ils sont pleins de douleur mais cette douleur est écrasée par la force du groupe, le soutien, la solidarité, la compassion, l’amitié et tout simplement l’humanité des gens qui composaient le groupe.


Groupes de travail

Peer education (promotion 2006-2007) ... mais où est Charlie ?

la localisation de notre camp sur la West Coast

Fin janvier, je me retrouvais de nouveau seul. Maman venait de repartir, mes colocs avait aussi fuit la baraque. Bref c’était un nouveau départ.
Je savais qu’un tout nouveau semestre allait se profiler. En effet la plupart des étudiants internationaux ne restent qu’un seul semestre et les 3 mois de vacances font que les deux semestres sont deux expériences différentes. On quitte des gens qui étaient devenus de très bons amis, on reprend les cours dans une universités qu’on connaît, on est plus tant dans l’excitation et l’enthousiasme des débuts. C’est une agréable sensation car bien qu’on connaisse les lieux, le pays, il est difficile de savoir à quoi ca va bien ressembler. Un tout nouveau groupe d’étudiants internationaux, de nouveaux cours, de nouvelles activités, de nouveaux projets, de nouvelles aventures et voyages…

Etonnement il y a à la fois nouveauté et continuité, c’est un mélange intéressant. Je savais que j’avais pris mes marques mais j’étais content d’avoir un autre semestre pour continuer à decouvrir l’Afrique du Sud plus en profondeur.

En effet ce semestre je reste beaucoup plus avec mes amis sud africains (surtout ceux de mon programme) et quelques étudiants internationaux du semestre dernier (notamment Greg et Maru avec qui j’ai voyagé). Et puis j’ai continué mon engagement au sein du HIV program avec beaucoup plus d’activités et de responsabilités. J’ai pris du grade comme on dit !

Peer education training on the West Coast


Fin janvier, quand j’avais réglé les petits tracas (trouver un endroit où dormir… j’ai finalement pu renouveler le contrat de mon appart), j’ai eu 5 jours de formation avec tout le groupe de Peer Educators. Nous étions tous réunis dans un merveilleux camp sur la côté ouest. Isolé en pleine nature sur la côté ouest (à une centaine de km du Cap) le lieu était propice à une bonne ambiance de travail et de merveilleuses soirées camping !

C’était aussi 5 jours de groupes de travail où on a planifié la campagne de test qu’on organise sur le Campus en Mars. Enormément de travail donc puisqu’il fallait réaliser la campagne la plus réussie avec un tout petit budget. En gros c’était un budget de 1000 euros pour faire toute la campagne de marketing et de médiatisation de l’évènement. Je vous assure ce n’est rien quand on ambitionne de faire des posters, des spots radios, des spots TV, des tracts, des articles dans les journaux…

Heureusement on a un groupe tellement efficaces. Ces 5 jours étaient l’occasion de renforcer les liens qui nous lient, aussi d’apprendre à connaitre certains qui n’étaient alors que des « collègues ».

Il faut dire que la mort de Steve a agi comme un ciment au sein du groupe. D’ailleurs on a ouvert notre séminaire de 5 jours en honorant sa mémoire. C’était la première fois qu’on se retrouvait tous ensemble, qu’on en parlait en groupe. On a ouvert ce sujet avec l’ensemble des peer educators et ce fut très éprouvant, émouvant mais bénéfique. Sandile, Sidney, Quinton et moi-même qui étions parmi les amis les plus proches de Steve (mais aussi présents dans ses derniers moments) avons raconté un peu les moments difficiles après sa mort, l’enterrement mais aussi ce qu’on savait sur l’évènement (encore beaucoup de peer educators ne savaient pas exactement bien ce qui s’était passé). Ce fut dur de rouvrir les plaies surtout devant le groupe mais ce furent les moments les plus forts du séminaire. Ca a tellement soudé le groupe, beaucoup pleuraient, on se tenait les mains, on a parlé du racisme, certains ont fait part de leur propre histoire (Yena, une peer educator dont le père fut assassiné par le gouvernement de l’Apartheid mais qui mène une lutte personnelle pour ne pas céder à la haine et elle refuse de voir dans les blancs aujourd’hui les fautifs de la mort de son père). Bref c’était encore un de ces moments incroyablement forts, parce qu’ils sont pleins de douleur mais cette douleur est écrasée par la force du groupe, le soutien, la solidarité, la compassion, l’amitié et tout simplement l’humanité des gens qui composaient le groupe.

L’ensemble du séminaire fut remarquable. On a travaillé comme des brutes, on a passé d’excellents moments tous ensemble. A la fin lors de clore le séminaire, beaucoup ont pleuré d’émotion (de fatigue aussi ?.. !). Je faisais partie de ceux-là car j’ai réalisé à quel point ce groupe de peer educators, les membres du staff sont devenus la famille qui me manque ici. Depuis le début je n’ai pas arrêté de grandir, de m’épanouir au sein du groupe. Et j’ai toujours considéré mes deux week-ends de formation comme ma première expérience avec la Rainbow Nation (la nation arc en ciel) dans le sens où l’Afrique du Sud était représentée à travers chaque peer educator (tous très divers, de toutes les couleurs, cultures, histoires différentes, caractères impressionnants, et surtout une intelligence et une ouverture d’esprit époustouflante). Les discussions, les ateliers, débats, émotions traversées nous avaient lié de manière impressionnante.

Avec le recul je me demande si ce n’est pas pour cela que la mort de Steve m’a tant affecté. Certes il y a le fait qu’on s’était beaucoup rapprochés une semaine avant son décès. Et puis on a passé du temps ensemble le jour même avant que ca arrive. Cela joue mais je me demande si d’une certaine manière ce n’était pas un sentiment de perdre un membre de ma nouvelle famille.

Monday, April 02, 2007

retour sur Stellenbosch - Fin de mes periples


Le Cap de Bonne-Espérance !
Mes hôtes : Moum et Annie

Excursion à Jonkerschoek

Fit mummy in the mountains

Maman et moi avec la Tableview en arrière plan (Les trois montagnes du Cap : Devil's peak à gauche, Table mountain au centre et Lion's head à gauche)

Le babouin qui a failli tuer maman en allant au Cap de Bonne-espérance ! Saleté. J'aurais vendu mon âme pour voir la tête de maman quand elle s'est retrouvée face à face avec l'énorme babouin quand il a ouvert la porte de passager


Au retour à Stellenbosch, je réalise que c’est la fin de mes grands périples qui m’auront traîné sur quelques 13 000 kilomètres à travers l’Afrique. Ce fut incroyable mais je suis tellement enthousiaste de reprendre ce nouveau semestre, reprendre mes activités, mon projet… beaucoup de belles choses m’attendent alors.
Ce fut un plaisir de traîner maman dans le coin c'est à dire les montagnes, le Cap... mais aussi la trainer dans mon quotidien, lui présenter les gens importants…
J’étais aussi content de voir comment je connaissais Stellenbosch, Cape Town et les environs… un peu comme chez moi.
Aussi accueillir maman et Annie m’a amené à revoir l’Afrique du Sud avec des yeux nouveaux. Redécouvrir mes premières impressions à travers leurs impressions. Réaliser que ma vision du pays a changé, je le défend et le présente comme si c’était ma patrie. Je tiens à tout prix à leur montrer ce qui me fascine, ce qui me rend plein d’espoir. Pourtant ce qui leur saute aux yeux, ce sont les inégalités criantes, les traces de la ségrégation et de l’Apartheid encore bien présentes. Forcément c’est la première chose que l’on regarde quand on arrive et pas besoin d’être observateur pour le remarquer. Cependant après un certain temps en Afrique du Sud, on a tendance à dépasser ces premières impressions. Est-ce parce qu’on s’habitue davantage aux choses qui choquent initialement ? Est-ce parce que réellement la réalité est plus complexe qu’elle n’apparaît. Un peu des deux sûrement.
Ce qui est sûr c’est que c’était parfois frustrant de ne pas pouvoir communiquer mon enthousiasme. Par exemple, j’étais fou de Soweto mais ce qui sautait aux yeux de maman et Annie c’était d’abord la richesse de la famille de Nyiko qui cohabitait avec la pauvreté de certains coins de Soweto et du township d’Alexandra. Aussi il y a avait cet antipathie pour les blancs sud-africains qu’on blâme assez facilement au regard du passé. Encore une fois la réalité devient beaucoup moins noire ou blanche (sans mauvais jeu de mot) et elle tourne au gris plus on reste en Afrique du Sud.
C’est amusant de voir l’évolution de ma vision de l’Afrique du Sud. Parfois les nouveaux arrivants nous réapprennent à nous indigner de choses qu’on a intégré ou accepté. Le changement en Afrique du Sud va prendre du temps. On peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. Beaucoup a été fait, mais pas assez aux vues des attentes d’une grande partie de la population (qui vit toujours dans une pauvreté assez affligeante).
C’est sûr que lorsqu’on vient, on à l’image de l’Apartheid, du passé coupable et le sentiment que les choses n’ont pas tellement changé. Maintenant quand on pense que ca ne fait que 13 ans par rapport aux centaines d’années d’inégalités et de discriminations raciales…Je ne sais pas trop quoi défendre. Je sens que je trahis la réalité en étant négatif sur la situation actuelle mais je me sens coupable d’être trop optimiste. On peut défendre les deux points de vue, il faut juste être humble avec notre regard extérieur. Il me faudra du temps et vivre ici encore longtemps pour avoir une opinion légitime et fondée. Je ne repartirais pas avant !

Photos du road Trip avec la Mum et la compagnie (Annie & Sandile)

Tip of Africa !






Swatberg pass
Swatberg pass de l'autre cote



Le kamikaze de retour


Entre Karoo et Western Cape


Billard au backpacker
Arniston


MOMAN en Afrique du Sud


Et puis ce fut l’arrivée maman en Afrique du Sud. J’étais très impatient et le fait de savoir qu’elle venait avait fait monter en moi une excitation certaine et la hâte de lui faire partager mon nouvel environnement.
Nos retrouvailles furent chaleureuses et c’était assez incroyable de voir une tête si familière dans un environnement qui n’est propre qu’à moi. J’avais eu un peu le même effet avec Alex qui venait des Etats-Unis mais cette fois c’était ma môman, ma reum quoi ! J’avais attendu les retrouvailles avec pas mal d’impatience étant donné que je me sentais changé, grandi. Et on est toujours fiers de montrer à sa maman « comment son fils il est grand » !
Même si au début maman flippe un peu de devoir louer une voiture et conduire à gauche (ce qui créera quelques petites tensions), le séjour sera vraiment formidable. On commence avec Soweto et ma famille d’adoption adoptent également Annie et Maman très facilement. On sera promené dans Soweto (encore) ainsi que dans Alexandra, un autre grand township de Joburg où l’on passera un moment mémorable. On était dans cette taverne avec la famille, tous ensemble dans ce lieu convivial, assis à la terrasse. Et puis on se fait amener un grand plat plein de viande que l’on partage tous avec du pap et du riz également. On mange tous avec les doigts dans le même plat (comme au Maroc). Beaucoup de rigolades, de blagues, de fous rires et de curiosité de la part de la famille de Nyiko. Ca restera un des meilleurs moments du séjour de maman.
Ensuite après avoir passé deux trois petits jours à Soweto et Joburg, on prend la route avec mon super programme que j’ai mis des semaines à concocter (car modifié et remodifié).

Pumla, Maman et la cousine curieuse au restaurant a Alexandra


Les chenilles qu'on a mange (Mupani worms) - c'est un plat traditionnel dans le nord d'Afrique du Sud (region originaire de la famille de Nyiko - du cote du pere aui est Tsonga) et c'est pas super bon...

Annie s'est fait une nouvelle Amie (Zola - Soweto)


Elle s'est trouvee une petite fille aussi

Lebo's backpacker


Cette fois-ci, avec Maman et Annie, j’allais traverser l’Afrique du Sud dans ses terres profondes. Le Free State (Etat libre), le Northern Cape puis le Karoo (région désertique de l’Afrique du Sud). Nous faisons beaucoup de route et nous avalons les kilomètres avec toujours ces perspectives impressionnantes de la route avalée par l’horizon. Le trajet de voiture permet de beaucoup discuter avec Maman, prendre des nouvelles de la famille, discuter de la vie… c’était parfois émouvant et ca m’a fait tellement bien de pouvoir partager toutes ces choses avec Mum et Annie.
Le premier soir, on s’arrête dans cette bourgade du Free State, la typique petite ville fondée par les Voertrekkers durant le grand Trek au 19e siècle. L’église au milieu du village, une grande place et une rue principale. Les petits magasins survivent je ne sais comment vu le peu d’activité qui règne. Mais la boucherie et l’épicerie dégagent une atmosphère spécial. Elles respirent l’Afrique du Sud d’un autre temps, une Afrique du Sud veille et traditionnelle à la fois très marquée par l’histoire et l’Apartheid (dans le sens où ce sont les bourgades des pionniers Boers) et épargnée par la stricte séparation et le racisme. En effet dans ces bourgades, les blancs ont toujours travaillé et échangé avec les populations noires ou métisses. Certes pas sur un pied d’égalité mais, l’interaction des différents groupes a crée un sens de respect et de cohabitation. C’est une Afrique du Sud que j’ignore.
Autant le Free State m’apparaissait (tant il est parfois décrit) comme une province très conservatrice et raciste d’Afrique du Sud, la réalité est en fait différente. Beaucoup de fermiers dans ces régions là parlent Xhosa ou Suthu car tous leurs ouvriers sont noirs. Je ne croyais pas au discours de certains blancs disant que l’Apartheid n’avait pas empêché les interactions entre blancs et noirs mais au travers mes lectures j’ai appris que c’était en fait le cas dans ces coins reculés où l’administration ne pouvait pas appliquer trop à la lettre les principes de séparation des races. Malheureusement notre passage dans le Free State était trop court pour que je m’imprègne de cette histoire et caractéristique de l’Afrique du Sud profonde. J’y retournerais surement un de ces jours car c’est une région particulière de l’Afrique du Sud où la transition démocratique et la fin de l’Apartheid n’ont pas eu de répercussions aussi importantes que dans les grandes villes et autres régions de l’Afrique du Sud. 1994 n’a pas impulsé de changement profond. La région semble en effet vivre en dehors du temps politique.
Pour autant, il ne faut pas être trop optimiste, les traces de l’Apartheid sont bien là. Le Free State et le Northern Cape sont des régions assez vides. On a l’impression d’être dans des régions vides d’hommes et puis souvent une station essence à l’entrée d’une ville vient rappeler l’existence de bourgades perdues. Dans ces bourgades, la géographie est très clairement marquée par le principe de séparation des races. Les centres-villes autrefois blancs sont aujourd’hui mixtes mais à la bordure des villes on trouve les townships noirs et métisses (eux-même séparés l’un de l’autre). On a vu un certain nombre de travailleurs noirs dont les habitations informelles bordent les exploitations. Nous avons notamment pris cet unijambiste en stop qui devait marcher des kilomètres sous un soleil de plomb. Il était vraiment content d’avoir pu effectuer son trajet en économisant beaucoup de temps. Maman et Annie étaient particulièrement marquées par ce petit bout d’homme qui devait se taper des dizaines de kilomètres en plein après-midi sur ses béquilles pour rejoindre sa petite maison de bois perdue sur un bord de la route en plein milieu des étendues du Free State.

Petite bourgade du nom de Winburg si je me souviens bien

Le Free State, c'est jaune et c'est grandmaman qui traque les zebres

Durant notre trajet, nous sommes allés à De Aar dans le Northern Cape pour prendre Sandile et l’avoir avec nous pour une partie du Road trip. Ca me faisait énormément plaisir de le revoir et de l’avoir avec Maman et Annie. Je tenais vraiment à ce qu’elles le rencontrent tellement c’est un gars formidable. Ainsi après être allé le chercher, nous avons amorcé un retour sur Stellenbosch en plusieurs jours. Nous allions en effet nous ballader un peu dans le Karoo, cette région désertique et montagneuse si particulière. Nous n’avons été que dans le « petit Karoo » qui est une transition entre le vrai désert rocailleux du Karoo et les montagnes du Western Cape. C’était absolument superbe de se retrouver dans ces « pass » où la route est traquée par les montagnes comme dans un Canyon. Les paysages sont époustouflants et je me réjouis de voir que tout le monde apprécie le voyage.


Les routes droites qui coupent le Northern cape

Devant la maison de Sandile au township de De Aar


Enfin avant de rentrer sur Stellenbosch, nous faisons un détour par le Cap Aghulas, le cap le plus austral de l’Afrique. C’est en effet la fin de l’Afrique, le point le plus au sud. J’ai presque préféré ce cap à celui de Bonne-éspérance bien que c’est le contraire pour la plupart des gens. En effet le Cap Aghulas est moins impressionnant et spectaculaire que celui de Bonne espérance mais il a eu un effet spécial pour moi. Je me trouvais à la fin d’un continent qui me fascine, que je ne connais pas encore très bien mais qui continueras à me charmer pendant encore longtemps. Cet endroit spécial représentait deux choses pour moi. Si je regardais vers l’océan, je me disais que, métaphoriquement, mon rêve africain pouvait avoir une limite (au moins géographique). En même temps, l’horizon et la perspective infinie de l’océan me disaient qu’il y aura toujours quelque chose à découvrir au-delà (une passion pour un autre continent … l’Amérique Latine ?). Et puis si je me retournais vers les terres, je réalisais que toute l’Afrique était devant moi, le continent africain dans son entier m’attendait. Il y avait ces milliers d’endroits et de kilomètres à découvrir (ce qui me prendrait plus que l’ensemble d’une vie).
C’était donc une rencontre spirituelle avec ma passion africaine que j’ai encore du mal à définir et à identifier. Je ne peux pas encore en saisir l’origine, l’ampleur ou la durée mais je la sens tellement forte en moi.

Where oceans meet

Ma famille d'adoption

Je réalise que dans mon blog j’ai tendance à beaucoup parler de l’Afrique du Sud, des endroits où j’ai été et je n’insiste pas assez sur les gens incroyables que je rencontre sur la route. Je veux donc faire un poste succin sur la famille de Nyiko qui m’a accueilli comme rarement je l’ai été. Pumla, la maman de Nyiko m’a vraiment considéré et traité comme un fils (et dans les familles noires, le fils est important !). Elle m’a mis à l’aise et dès les premiers jours, j’étais totalement à l’aise avec elle. Nos grandes discussions, nos blagues, nos hugs chaleureux… tout cela a rendu mon séjour à Soweto merveilleux. Pumla et Nyiko m’ont emmené partout, ils ont passé une semaine entière à ma totale disposition. C’était vraiment gênant de voir comment ils se pliaient en 4 pour me que je tire le maximum de mon séjour. Ils m’ont emmené dans le nord de l’Afrique du Sud pour que je puisse voir le village de la grand-mère, l’Afrique du Sud reculée et traditionnelle.
A Tzaneen, le village de la grand-mère situé dans la province du Limpopo, j’étais sur une autre planète. Peu de blancs se sont rendus là-bas et c’est pourquoi les enfants s’enfuyaient apeurés quand ils me voyaient. En effet le mythe de l’homme blanc mangeur d’enfant n’est pas mort dans cette province très traditionnelle de l’Afrique du Sud. La croyance aux superstitions et à la sorcellerie est très importante. D’ailleurs de nombreuses personnes sont encore brûlées et massacrées à cause de cela, juste parce qu’elles sont désignées comme sorciers ou sorcières malfaisantes. Il y a encore des histoires assez dingues de gens qui enlèvent et tuent des enfants car des sorciers font des potions à base de cœur ou de chair humaine (faits avérés et documentés dans certains endroits isolés du Limpopo, même si ils sont beaucoup moins fréquents aujourd’hui).
Tout ca pour dire que je n’aurais jamais eu l’occasion de voir et d’apprendre tant si Nyiko et Pumla n’avaient pas passé des journées entière à me balader dans Soweto, Johannesburg et le Limpopo.
Tout au long de mon séjour, Pumla a tenu à payer toutes les dépenses et elle m’a extrêmement gâté. J’ai sympathisé avec toute la famille (sauf le père qui semblait hostile et qui me faisait plutôt peur).
La famille de Nyiko est un exemple parfait des dillemes de la nouvelle Afrique du Sud qui est coincée entre tradition et modernité, entre culture africaine et culture occidentale. En effet, à première vue, la famille a tout d’une famille noire africaine aisée qui a bien réussi dans la nouvelle Afrique du Sud. Plusieurs voitures, l’immense télé avec le câble, la grande maison, tous ces symboles matériels montrent l’occidentalisation de la classe moyenne sud-africaine. Pourtant au quotidien, les schémas traditionnels de la famille sont encore bien ancrés. Les deux filles de la famille (Nyiko et sa sœur) font le ménage et la cuisine avec la mère, ils lavent le linge pour les hommes (le père et les deux frères). Les deux frères se la coulent douce, ils posent les pieds sous la table quand tout est prêt et ils ont droit à des privilèges que n’ont pas les filles. Nyiko a du batailler pour avoir le droit de conduire et d’avoir sa voiture. Elle n’est toujours pas autorisée à sortir et à boire quand le frère a carte blanche. Parfois on discutait assez tard et son frère jumeau venait lui rappeler (sur ordre du père) qu’elle n’était pas autorisée à rester si tard avec un garçon. Elle a tout de même 23 ans…
Nyiko s’est confiée un peu sur ses frustrations à cet égard mais Pumla m’a expliqué que la culture africaine est une chose sacrée à laquelle on ne touche pas. Pourtant je vois bien que les conceptions de Nyiko et de sa mère sont différentes. Le changement va s’opérer avec les nouvelles générations qui oseront changer les standards et les schémas traditionnels de la famille. C’était impressionnant de voir cette famille occidentalisée rester fidèle à des principes qui sont ouvertement discriminatoires pour les filles.
J’ai aussi demandé à Pumla si ca n’avait pas été dur de renier sa culture. En effet les femmes épousent leur mari et également sa culture si celle-ci est différente. Elles renient plus ou moins leur culture sans avoir trop de choix. Pumla m’a dit que c’était comme ca et qu’il fallait l’accepter… « c’est normal ! ». Je veux pourtant croire qu’elle aussi a du ressentir les frustrations de sa fille à un moment donné.
Il y a un changement certes car Nyiko et sa sœur ont tout l’argent qu’elles souhaitent pour étudier et elles ont une vie confortable. Mais il semble qu’elles ont un statut inférieur au sein de la famille et elles n’ont pas vraiment le droit de remettre cela en cause. Elle m’a assuré que ce n’est pas une question d’amour ou d’importance, c’est juste une question de culture. Son père ne l’aime pas moins que son fils mais il veut garder ces principes d’une culture immuable qui est souvent une référence auxquelles les sud-africains s’accrochent en cette période de changement rapide où les bornes manquent pour s’orienter.

La maison de la Grand-mere (en gris, l'autre a ete construit par le pere de Nyiko quand il a commence a gagner pas mal d'argent)

Femme du village

Les vaches qui prennent l'ombre sous la chaleur accablante

Nyiko, moi et Pumla

JOZI et SOWETO !!!




Après Durban je me rendais pour la première fois à Johannesburg « l’effrayante » ! Je devais y être pour le nouvel an et finalement je n’ai pu m’y rendre que vers le 5 janvier. J’allais loger chez une amie à Soweto et j’allais y retrouver maman et Annie, une grande amie de la famille.
Johannesburg me faisait peur depuis le début à cause des problèmes de sécurité. Néanmoins, l’aisance que j’ai pris à Durban m’a réellement aidé pour aborder Joburg avec beaucoup plus de sérénité. Je me rappelle de la première fois où j’ai eu la possibilité de me rendre à Jozi en voiture, j’avais peur qu’on se fasse braquer au premier de coin de rue ! Je vous disais à quel point l’insécurité est surtout un fantasme qui peut nous pousser à rester cloîtré ! Heureusement j’allais être à Johannesburg avec quelqu’un qui y a vécu toute sa vie.
En réalité j’ai vu assez peu de Johannesburg car j’ai passé presque tout mon temps à Soweto, ce township immense qui est en fait un ville à part entière. Les recensements n’ont jamais pu établir le nombre exact de gens qui y vivent. On a dit 5 millions mais il semble que la réalité soit plus proche de deux ou trois millions. C’est déjà énorme et le township s’étale à perte de vue, jusqu’à l’horizon.J’ai logé chez Nyiko mon amie de Stellenbosch qui m’avait invité depuis longtemps. Ses parents ont vécu à Soweto depuis plus de 40 ans, ils étaient là au moment de la lutte contre l’Apartheid, ils ont même pris part aux manifestations historiques qui avaient vu les jeunes collégiens et étudiants défier le gouvernement oppresseur en y laissant leur vie. Le soulèvement de 1976 a déclenché une spirale de violence et de lutte où les jeunes générations ont repris une lutte que leurs parents résignés avaient abandonné. Nombreux sont les jeunes qui ont été tués, enlevés ou torturés. Je pense que vous connaissez tous l’image du jeune Hector Petersen, un collégien de 13 ans qui fut abattu par la police durant la manifestation pacifique du 16 juin 1976. Une photo très célèbre montrait Hector Petersen en sang dans les bras d’un de ses amis (avec sa sœur qui court en pleurs à côté).
Bref Soweto a vraiment une histoire et une âme très très intense. Ce fut un réel plaisir pour moi d’apprendre à connaître Soweto en étant guidée par Nyiko et sa mère qui m’ont emmené partout. La famille de Nyiko fait partie de cette ‘upper middle class’ (classe moyenne aisée) qui a refusé de déménager dans les banlieues huppées mais a préféré rester à Soweto dans le quartier de Diepkloof où habitent de nombreux millionnaires, célébrités et hommes politique. La famille de Nyiko a une immense maison, de grosses voitures et pas mal d’argent. Mais ils restent des habitants de Soweto au même titre que n’importe quel autre. Il n’est pas question pour eux de quitter Soweto, une grande partie de la famille habite toujours là-bas.

Pumla


J’étais très ému de me promener et de vivre pendant quelques jours dans Soweto (en lien une vidéo de Soweto à partir de la voiture )avec Nyiko et sa mère Pumla (qui m’avait pris sous son aile comme un fils). Marcher là où l’histoire de l’Afrique du Sud s’est jouée, là où la lutte a eu lieu, là où des jeunes de mon âge se sont fait tirer dessus par la police. C’était vraiment fort.
Et puis en dehors de la connotation historique, Soweto a un personnalité propre. Tous ses habitants la vante et on en fait connaissance seulement en y passant du temps. Soweto fut un des endroits les plus dangereux du monde (dans les années 90) mais aujourd’hui ca change beaucoup et c’est devenu beaucoup plus sûr. Je m’y suis senti en totale sécurité.
Cette histoire de violence mais aussi de solidarité fait de Soweto un lieu mythique en Afrique du Sud. A travers l’Afrique du Sud et peut être même toute l’Afrique Australe, un habitant de Soweto inspire le respect des gens quand il dit d’où il vient. La dureté, l’immensité et l’activité de Johannesburg inspire déjà un respect mêlé de crainte en Afrique du Sud … mais Soweto est un degré au dessus.
J’ai rarement ressenti une chaleur humaine si incroyable que celle des gens à Soweto. Les gens m’abordaient comme un frère ou un ami de longue date. Je sais que le fait d’être avec mon amie devait y être pour quelque chose mais tout de même. Combien de gars m’ont serré la main d’une poigne chaleureuse en me serrant dans les bras tout sourire.

C’est assez difficile à expliquer mais pour moi Soweto fut un concentré de l’Afrique du Sud et de cette connexion humaine fantastique que j’ai découvert depuis mon arrivée. J’ai l’impression qu’il y a quelque chose de spécial dans les relations humaines en Afrique du Sud. C’est peut-être la philosophie de l’Umbuntu. Cette philosophie qui dit que notre humanité s’exprime à travers les relations humaines, à travers les autres. On a une humanité qui nous lie quoi qu’il arrive et qui est à la source de l’hospitalité, la jovialité et la solidarité des sud-africains.
Je ne sais pas si l’image idéalisée que j’avais de Soweto a transformé ma perception ou si réellement cet endroit à quelque chose de particulier. Je pense que c’est en y retournant souvent que je trouverais la réponse même si je sais déjà la réponse. L’âme de Soweto est quelque chose qui est bien là et qui vous prend dès que vous la laisser vous envahir et imprégner vos sens.

Le Backacker genial ou ont loge Maman et Annie

Durban (paranthese sur les minibus)

Durban -architecture coloniale



Je sais que j’ai pris un peu de retard sur mon blog (ouais plutôt beaucoup en fait) mais je ne veux pas vraiment sauter Durban étant donné que ce fut un de mes endroits préférés d’Afrique du Sud. Par ailleurs c’est la deuxième plus grande ville du pays avec 3.2 millions d’habitants selon un recensement de 2001 (ca doit être plus proche de 3.5 maintenant.
Outre la soirée de Noël tropicale et forte en amitié que j’ai passé avec Alex, beaucoup de belles choses me sont arrivés dans cette ville située entre l’Inde et l’Afrique. En effet Durban compte la plus grande communauté d’indiens du pays. C’est je crois la plus grande communauté indienne d’Afrique et ca crée une atmosphère bien spéciale. Déjà, le jour de notre arrivée avec Alex, la chaleur qui vous colle à la peau m’avait évoqué l’arrivée à Dehli lors du voyage en Inde avec la Smala en 2001. C’est cette chaleur qu’on sent dans les poumons quand on respire, cette chaleur qu’on ne voit pas mais qui nous fait suer tout le temps. Ce n’était pas intenable étant donné que le Botswana et la Namibie avaient été bien plus chauds.
Ainsi, en plus de la chaleur, il est amusant de voir cette communauté indienne qui s’est assimilée dans ce décor africain. Vers la fin du 19e, les anglais ont commencé à cultiver de la canne à sucre autour de Durban mais ils n’arrivaient pas à attirer la main d’œuvre Zouloue. Ils ont donc fait venir en masse des indiens sur la base de contrats d’une durée de 5 ans. En réalité nombreux sont ceux qui sont restés et se sont alors installés.
Aujourd’hui, les sud-africains d’origine indienne ou pakistanaise ont gardé beaucoup de leur culture d’origine. A Durban, il y a d’abord le meilleur curry d’Afrique du Sud ! Puis il y a des temples hindous et des immenses centre commerciaux qui sont les nouveaux temples de consommation de la (large) classe moyenne indienne. Il est amusant de voir comment à Durban les supermarchés ont un rayon d’épice qui est 4 fois plus grand que dans le reste du pays. Aussi les cinémas du « Suncoast casino » proposaient pas moins de 8 films Bollywood ! Dans son architecture, Durban peut faire penser à l’Inde aussi. La colonisation anglaise fait que les batiments municipaux sont dans un style colonial anglais parfait ! On se croirait devant les batiments de style victorien en mauvais état de certaines grandes villes indiennes (ex : Calcutta).
Même si sur le marché indien (Victoria market), les boutiques de cuivres et d’épices faisaient penser à l’Inde, Durban reste bien africaine. Les nombreux étals puants des sangomas (=marabouts et guérisseurs traditionnels) juste à la sortie du marché sont là pour rappeller que Durban est avant tout la ville Zouloue par excellence, la capitale du Kwazulu Natal (qui signifie Pays zoulou). Le Kwazulu Natal est la région la plus peuplée d’Afrique du Sud, la terre de la fière nation zouloue. Il faut rappeler que le parti zoulou voulait obtenir son indépendance à la fin de l’Apartheid (1990-1994). C’est donc une culture très fière, assez arrogante, mais vraiment fascinante. Je n’ai pas eu tellement le temps de me ballader dans le Kwazulu Natal donc je ne veux parler de ce que je ne connais pas encore très bien. Ma rencontre avec certains habitants de Durban m’a fait sentir leur gentillesse mais aussi leur fierté (ils n’arrêtaient pas de me dire que Durban est plus belle que Cape Town).

En effet Durban a quelque chose de spécial, quelque chose qu’on ne peut pas saisir si on y reste un ou deux jours. Cape Town attire les touristes internationaux, Durban les repousse. Pourtant Durban attire les touristes sud-africains et particulièrement les habitants de Joburg. Il y a donc assez peu de touristes blancs et internationaux à Durban (surement aussi parce que Durban, comme Joburg, fait plus peur que Cape Town).
Il n’y a en effet rien d’exceptionnel à voir dans le centre ville sinon les quelques grands buildings modernes du CBD et les batiments coloniaux de l’époque anglaise. Et pourtant… Durban vit à 100 à l’heure ! Il faut se trouver près du Workshop (le grand centre commercial populaire au centre de la ville) pour voir les marchés extérieures, la musique de rue avec des chanteurs de Kwaito et des troupes de danseurs ultra doués. Il faut aussi voir les mini-taxis (ces minibus qui font office de transport en commun dans la ville) qui roulent comme des dingues, se bousculent, se percutent, se battent pour attirer le client. J’étais déjà fasciné par l’incroyable activité et animation que les minibus-taxis injectent dans la vie de Cape Town mais alors Durban est encore dans une autre catégorie.
des palmiers

PARENTHESE SUR LES MINIBUS

Les minibus sont tous tunés et customisés pour ressembler à des bolides de courses. Ils sont tous baptisés et peints. Ils ressemblent alors à des machines surpuissantes qui sont prêtes à rafler tous les clients. Dans le minibus il y a le conducteur et le rabatteur. Le conducteur n’a pas toujours le permis mais il a des qualités propres… Il peut se faufiler, filer, faire des queue de poisson, klaxonner et surtout s’arrêter n’importe où et redémarrer ensuite à tout vitesse. Le rabatteur quant à lui est perché à la fenêtre, il siffle, crie le nom de la destination et quand ils sont à l’arrêt il va carrément harceler les gens qui passent autour de son van. A Durban ils étaient parfois 5 à m’agresser quand je voulais juste marcher tranquille.
Pour appeler le minibus, il suffit de siffler bien fort et de lever le bras. A Joburg il y a tellement de minibus que les habitués utilisent des signes de la main pour dire où ils veulent se rendre. Ils ont des codes assez dingues !
Une fois entré dans le minibus, il faut pouvoir se trouver une place dans cet espace confiné et surpeuplé. On est littéralement les uns sur les autres, tous à suer comme des fous mais c’est le bonheur. Les minibus sont équipés de sound-system impressionnant. Ils ont des baffes énormes et ils jouent du Kwaito et de la House à plein volume.
Une des scènes dont je me rappellerais à Durban était le retour du travail et de l’école. Vers 18h au moment où la nuit commençait à tomber, je pouvais sentir les basses qui sortaient des minibus vibrer dans mon estomac. Pourtant j’étais dans ma chambre (qui donnait certes sur la rue) avec la fenêtre fermée ! Quand je me penchais au balcon pou observer, je pouvais voir le minibus bouger et rebondir car tout le monde dansait à l’intérieur. Enfin ils remuaient tous en rythme et criaient d’excitation. La musique était extrêmement forte dans ces minibus mais c’était un spectacle magique (surtout pour moi qui adore la musique Kwaito et House sud-africaine).

RETOUR A DURBAN

Durban comme je le disais n’est pas touristique et impressionnante mais justement son charme vient de son côté populaire et très naturel. Il y a des scènes de vie assez incroyables parsemées à travers les rues de la ville. La plage de Durban est par exemple assez impressionnante.
Imaginez une longue plage et mettez-y de 100 à 200 000 personnes. Vous aurez une idée (enfin non !) de ce que j’ai vu en ces vacances d’été et surtout au moment du nouvel an (la tradition est de se rendre à la plage le 1er janvier qui est ferié). La plage n’est pas bondée car elle est très étendue, cela dit, ca bouge de partout, ca joue au foot et dans l’eau il y a ces énormes grappes noires qui sautent et ondulent au rythme de grosse vagues de l’océan indien. La mer est agitée et les limites de baignage sont donc restreintes ce qui compacte les gens les uns sur les autres. La première fois que j’ai vu ce spectacle, j’ai cru à une procession ou à un jour spécial… non c’est juste un jour d’été à la plage de Durban.

Je pourrais encore raconter beaucoup sur Durban car grâce aux circonstances, j’y ai passé presque deux semaines. Ca m’a permis de vraiment ressentir un attachement et une familiarité avec cette ville particulière. Je sais que je vais y retourner. Peut-être que cette fois je prendrais des photos… Et oui malheureusement comme je me baladais tout seul, je ne prenais pas mon appareil ni mon portable pour minimiser les risques d’agression. Mais la prochaine fois c’est sûr il y aura moins de risque étant donné que je me suis fait deux très bons amis de Durban qui m’accompagneront la prochaine fois que j’irais là-bas (en juin).

Saturday, March 10, 2007

Flirting with the devil



J’ai pas mal hésité à poster cet article que j’avais rédigé à chaud juste après une soirée particulière qui m’avait fait découvrir l’Afrique du Sud la nuit. J’ai hésité d’abord parce que l’histoire est un peu trop sensationnelle et impressionnante. D’abord je ne veux pas trop insister sur les stéréotypes ou les clichés sud-africains. Ainsi ca m’embête de dresser ce portrait d’une Afrique du Sud dangereuse avec une criminalité omniprésente. Ensuite je veux éviter de me vanter d’avoir fait l’expérience de scènes dangereuses et terroriser amis et famille.
Cependant l’histoire est importante car paradoxalement elle m’a amené à démystifier le crime en Afrique du Sud et elle m’a davantage responsabilisé. Et puis c’est marrant de voir avec du recul comment j’ai perçu l’évènement au moment où il s’est passé. Voici l’article que j’avais rédigé le 30 décembre :

« Qu’évoque l’Afrique du Sud à l’étranger ? Quelles images et clichés viennent à l’esprit des gens quand on mentionne ce pays ? Certains pensent : Lions et girafes se promenant dans les rues. D’autres frémissent à l’idée d’un pays sanglant, violent, avec ses statistiques affolantes. Près de 20 000 meurtres par an, vols, braquages, cambriolages… bref on se fait massacrer à chaque coin de rue…
C’est une réalité qui existe mais qu’on ne voit pas tant que ca. En fait c’est très abstrait et mystifié mais on espère toujours que ca en restera là. En fait la vraie face noire et violente de l’Afrique du Sud ne saute pas aux yeux. Il y a des agressions et vols à main armé en plein jour mais la violente Afrique du Sud s’éveille quand s’endort le jour. Elle est nocturne et c’est la nuit quand la belle Afrique du Sud s’endort que le vice se répand dans les villes et les townships !
C’est pourquoi personne ne s’aventure trop tard dans les rues qui se vident autour de 5h. Un marché bondé peut se transformer en No Man’s land hostile en l’espace d’une demi-heure sans qu’on le réalise. Puis quand la nuit tombe même les sud-africains craignent de trop s’aventurer dans la jungle urbaine devenue déserte.
Le 29 décembre était un vendredi soir, le jour où un certain nombre de sud-africains reçoivent leur paye hebdomadaire et courent dans les bars pour la dépenser en alcool. Je passais la soirée à l’auberge en faisant des parties de billard avec un afrikaner blanc. Il s’appelle Nicky, il doit avoir autour de 30 ans et ne ressemble pas à grand-chose. Un collier de barbe, des poils dans le cou, il a le look d’un docker. Nos première parties étaient muettes (peut-être parce que je lui mettais la misère au billard) et je le croyais un peu autiste. Puis il a commencé à parler dans sa barbe en me racontant ce qu’il fait. Il travaille dans les services d’immigration sur le port de Durban. Il chasse les clandestins comme il dit et il les déporte avec fierté. Ce soir il voulait sortir pour trouver des filles qui (je le comprendrais plus tard) étaient en fait des prostituées (pas d’autre choix vu sa tête de malade !).
Nicky arrive à trainer un autre gars et moi pour aller dans une boite pas loin de la plage. Tous à court d’argent, nous décidons de marcher

C’est seulement après 2min de marche que j’ai réalisé m’être embarqué dans une aventure un peu folle. Nicky est gentil mais s’avère être complètement simplet ! A l’évidence, d’après ce qu’il m’a raconté, il a baigné dans l’inceste depuis l’enfance. Il a des habitudes et fréquentations dignes des pires personnages de Selby. Quant à l’autre, j’apprenais qu’il avait passé un certain nombre d’années en prison. C’était un jeune qui ressemblait à Eminem avec ses gros bras tatoués, son crâne rasé et son visage plein d’agressivité. Il vient de Johannesburg et gagne sa vie en étant Stripteaser.
Une fois embarqué je ne pouvais plus réellement reculer. C’était un vendredi soir, de nuit, à Durban… pas question de rentrer seul à l’auberge. Il était préférable de continuer en groupe avec deux malades qui avait néanmoins l’expérience de l’Afrique du Sud la nuit.
Notre marche nous mène d’abord sur le Beach front où les dealers nigérians font leur business. Un d’eux essaye de nous revendre de l’ecstasy. A vrai dire, il ne ressemble pas trop à un dealer. Bien habillé et très souriant, il vend de la coke et de l’herbe et du crack comme s’il vendait des bracelets africains. On rigole même avec lui et l’ex-taulard commence à se vanter en expliquant qu’à Johannesburg, ses potes dans la mafia vendent par kilo et non à l’arrache. Je me demande ce que je fais là…
Le Beach Front réputé comme une « No go area » est en fait assez animé. Il est près de minuit et demi et quelques familles sont encore en train de faire un barbecue avec les enfants qui barbotent dans les piscines.
Le club dans lequel nous voulions aller est fermé et nous décidons donc (enfin ils décident … moi je les suis) d’aller dans une taverne. La taverne est sombre et sympathique. Nicky commence à sourire aux prostituées qui viennent s’assoir à notre table. Nicky est désespéré car elles n’acceptent pas sa carte de crédit (qui est vide ! je vous avais dit qu’il est simplet). Il dit par principe « I don’t fuck on cash, I fuck on credit ». Après une bière on decide de rentrer à l’auberge meme si Nicky veut nous emmener dans d’autres lieux glauques.
Sur la route, à un carrefour, un gars passe devant nous rapidement et en titubant. Il est excité et va parler à un policier posté au croisement. Il bouge beaucoup, s’agite et s’assoit finalement par terre. Il soulève son polo et découvre une blessure au niveau des côtes. Il y a un trou net et du sang qui en sort. Le taulard tilt tout de suite et m’explique le gars vient de se faire tirer dessus. A l’évidence il est anesthésié par l’alcool, il a le souffle rapide et bouge beaucoup en soulevant son polo sans cesse pour regarder sa blessure. Il ne cesse de répéter « you must please help me ». Un autre policier arrive et ils appellent les secours.
Moi je regarde la scène incrédule. La rue est calme et je me demande d’où le gars sort. Les voitures passent, les gens ignorent la scène. La vie continue et l’ex-taulard va s’acheter un cornet de frites pendant que j’observe la scène et les environs. Nicky m’explique qu’il y a un côté de la rue à droite où l’on peut marcher mais il ne faut surtout pas aller à gauche. C’est bon à savoir ! Le gars venait pourtant de la droite.

On reprend finalement notre route tandis que des policiers attendent plus loin au coin de la rue sans s’affoler. Il y a des bruits de pétard mais ce ne sont que des feux d’artifice (je crois d’abord que ce sont des coups de feu). La situation est bizarre mais pas effrayante. Je ne me sens pas déstabilisé, ni ému, ni angoissé. Je suis choqué car c’est intense mais ca semble pourtant anodin. Pas d’affolement général, même pas de curieux. Juste une ambulance qui arrive pour s’occuper du blessé. Il s’est affaissé contre une barrière et ne s’agite plus quand nous partons.Après ca j’insiste pour rentrer (j’ai eu ma dose !). Mais comme je ne connais pas la route, je suis bon pour accompagner mes deux compagnons de misère dans un bordel. L’endroit est sombre, enfumé et glauque. A notre arrivée, les prostituées assises sur les canapés nous sautent dessus car la nuit n’a pas l’air incroyable. Elles tentent des approches mais se heurtent à des murs de glace (sauf pour Nicky qui essaye encore le coup de la carte de crédit).
En me voyant dans le miroir c’est comme si je regardais un film ou comme si je me voyais dans 20 ans dans le pire futur qui puisse m’arriver. Ces prostituées noires et indiennes autour de moi, une femme moche comme tout qui tient le bar et deux gros boudins blancs qui sirotent une bière.
A ce moment-là, je me détache du lieu et de moi-même. J’essaye de réflechir à ce que je viens de voir et ce que je vis mais je vois juste mon visage sombre, ma chemise ouverte découvrant un peu de mon torse suant. Finalement ce qui faisait le plus peur c’est que je ne faisais pas tellement intru ou étranger dans le décor ! Comme un caméléon, je me voyais devenu comme un de ces pourris qui va dans les bars à putes. En réalité j’étais spectateur et je restais muet. Je crois que j’étais silencieux car dans un autre monde, celui dont on parle beaucoup dans les journaux. L’Afrique du Sud la nuit, la dangereuse, la violente, la droguée, la prostituée.
Finalement avec le taulard on explique aux prostituées qu’on a juste suivi Nicky et qu’elle devraient arrêter leurs approches qui sont sans espoir. Elles étaient déçu car Nicky était vraiment le plus moche ! Une des filles nous engueule violemment en disant qu’on ne vient pas dans ces endroits juste pour boire un verre… il faut aussi consommer !
Il était temps de rentrer. J’étais furieux de la situation, piqué par les réprimandes de la prostituée qui avait bien raison… j’avais rien à faire là. On est alors rentré à l’auberge, j’ai mangé un hamburger et je me suis endormi devant un match de foot anglais.
J’aurais du être excessivement choqué mais j’étais juste étonné par cette soirée. Un peu incrédule et réalisant à retardement le réalisme de ce que j’avais vu et découvert. L’Afrique du Sud la nuit est en fait trompeuse. Les gens sont toujours souriants, gentils et heureux. Il y a encore pas mal de monde même dans les quartiers réputés très dangereux. Mais il y a cette double face où les gens se tuent et se prostituent.»

Finalement cet évènement qui m’avait beaucoup marqué sur le coup (j’avais eu besoin de le raconter de manière un peu sensationnelle) m’a donné tellement plus d’assurance. Je n’ai jamais repris l’initiative de me promener dans les quartiers chauds des villes dangereuses mais disons que ca m’a aidé à démystifier ce qu’on portraie comme un vrai enfer. Durban la nuit était encore bien vivante et animée dans les quartiers populaires même si c’est plus dangereux. Il y a encore femmes, enfants sur les grandes artères. Il suffit d’éviter les petites rues et coins sombres.
Même dans les « No-go areas », on peut marcher la nuit et ressortir en vie (même si ce n’est pas conseillé du tout). Je crois que le fait d’être dans ces endroits à une telle heure est déjà un signe qui va faire réfléchir les éventuels agresseurs. Ceux qui s’y aventurent savent comment s’y prendre pour éviter les ennuis ou bien ils connaissent ce milieu. C’était en effet le cas de mes deux acolytes qui m’ont donné pas mal de « streetwise advice » (conseils de la rue).
En tous cas cette soirée a paradoxalement permis de me rendre plus à l’aise. Je ne suis pas moins prudent mais j’ai beaucoup moins peur dans les grandes villes.

Friday, March 09, 2007

Fin de l'annee, nouvelle annee... Je reste


Je pourrais écrire cet article de manière très romancée en racontant comment cette fin d’année m’a amener à réaliser le chemin parcouru et le chemin à parcourir. Je pourrais partir dans une envolée lyrique en décrivant cette soirée spéciale où j’ai senti la destinée, l’appel de l’Afrique du Sud pour une année de plus. Malheureusement je suis pas écrivain et le moment fut trop simple pour l’ornementer de mille adjectifs et mots compliqués.

C’était donc à East London, quelques jours avant d’arriver à Durban. Alex était malade comme un chien, probablement un contre-coup physique et psychologique de l’accident. On avait pas beaucoup dormi la nuit de l’accident à cause de l’attente de la dépanneuse et de la nouvelle voiture. Il se sentait donc fiévreux et nauséeux, ce qui m’a laissé la soirée seule pour errer un peu de nuit dans East London et faire du courrier /réflechir (les deux vont toujours de paire et c’est pour ca que ca me prend des heures => une page écrite s’ensuit de 15 minutes de rêveries et d’envolées cérébrales).
Ce soir là je repensais à l’année qui s’achevait, aux six mois passés, à la mort de Steve, à engagement dans le HIV program ainsi qu’à mon projet de voyage à vélo raté. Je faisais le décompte, il me reste 6 mois. 6 mois c’est passé vite, 6 mois ca va passer vite. Je me trouvais alors dans un moment solennel et solitaire. Ce moment tant attendu dans "questions pour un champion" lorsqueJulien Lepers met la pression sur le candidat vainqueur « Reste (pour repartir avec plein plein de choses) ou reste pas (pour repartir avec moins que ce que tu pourrais avoir) ? ». Grand moment, roulement de tambour, fremissement du public : JE RESTE. Applaudissement de la nature environnante, les étoiles scintillent et les vagues claquent sur le bord de mer (l’auberge de jeunesse est en face de la mer). Je suis baigné d’une grande satisfaction et d’un bonheur invincible ! Je trinque tout seul au fait que je vais rester une année supplémentaire en Afrique du Sud. Ce n’est pas sûr mais je sais que pour ce genre de choses, la prise de décision est l’étape la plus importante. Ensuite avec une bonne dose de volonté et de motivation (j’en déborde), je devrais arriver à ce que je veux. Je passerais mon annee a travailler sur le Sida en Afrique du Sud et a realiser mon projet de voyage a velo en plus ambitieux, plus structure.

Saturday, February 10, 2007

Patchwork


J'oublies a chaque fois des photos dans mes posts donc je les balance en vrac ! tant pisHIV ad a Windhoek
Nowel
Nowel encore
Et encore Noel
Tag sur Long Street - An injury to one is an injury to all
Cape Town la nuit - Decorations de Noel
Hugh Masakela

Wild Coast - le neo Katmandou

Coffee bay
Transkei

Coffee Bay


J’ai vraiment beaucoup aimé cette partie de l’Afrique du Sud. Malheureusement nous n’y avons passé que deux jours.

Nous avons fait étape à Coffee Bay sur la côte. Au niveau de Umtata, on quitte l’autoroute et on roule alors sur des routes plus petites et en moins bon état. De nombreux nids de poule, des mini-taxis qui roulent à toute allure et qui nous défient à chaque virage (il y à peine l’espace pour deux voitures). Notre arrivée à Coffee Bay est fantastique. De chaque côté de la route, les ravins nous découvrent des gorges creusées par les rivières ou des collines intensément éclairées par le soleil couchant. Les nuages prennent une couleur mauve et les huttes colorées pâlissent au fil des minutes.

On arrive à Coffee Bay juste avant la tombée de la nuit et on se retrouve dans ce repère de Hippies et de marginaux. Je ne suis pas très à l’aise car je n’ai jamais trop aimé le style de gens qui fument de l’herbe toute la journée et se veulent proches de la nature. Encore une fois c’est plein de préjugés mais j’ai tendance à être agacé par l’attitude néo-Katmandou « je suis un mec spécial car je n’ai pas besoin de confort matériel, j’ai juste besoin de mes 15 joints par jour ». Ces jeunes cools dansent sur de la musique africaine de manière maladroite, ils boivent fument et laissent le temps couler sur leurs corps bronzés et négligés.

Pourquoi est-ce qu’ils me révulsent ? C’est surement parce que ca fait trop miroir avec moi-même. Je me sens si proche de l’Afrique, je veux faire l’expérience de l’Afrique authentique, absorber l’humanité des africains en laissant de côté le superflu… tout comme eux. Pourtant je veux croire que ma passion est fondée sur quelque chose de personnel, un parcours, une expérience, une force intérieure authentique et non une mode, un style de vie branché emballé dans une « marketing box ».

Ainsi, voir cette mode baba-cool Africaine me pousse à remettre en cause ma propre attitude qui se voudrait en dehors des modes. La pire des interrogation surgit : « Et si je n’étais pas différent de ces gens-là ? ». J’imagine que la différence se fera sur le long-terme. Heureusement Alex était là pour m’ouvrir les yeux et faire éclater les barrières qui m’empêchent de faire moi-même le pas de discuter avec ces gens qui m’exècrent. Il est beaucoup plus simple et naturel. Il parle à n’importe qui et ne juge pas sur l’apparence. Il juge ensuite sur le contenu… je devrais faire pareil.

Mais encore une fois ce genre d’interrogation renvoie au dilemme du voyage. J’aime voyager mais je déteste les touristes même si j’en suis un (un peu schyzo le gars !). C’est parce que je me sens en contradiction avec la manière traditionnelle dont les touristes voyagent. L’important pour moi est de me faire percevoir différemment, rentrer dans la vie des gens non pour prendre une photo et repartir mais pour apprendre et avoir une interaction humaine réelle. L’important n’est pas dans la manière dont les jeunes et touristes me perçoivent mais dans la manière dont les locaux, les sud-africains me perçoivent.

Je ne sais pas dans quelle mesure cela est différent des autres mais on aime se croire unique et original…

Pour revenir à Coffee Bay, j’en garderais tout de même un souvenir formidable. Nous avons fait une grande randonnée le long de la côte et dans les collines. Je prend un plaisir fou à marcher pieds-nus tout du long, protégé par la corne que j’ai sous les panards. On s’arrête plusieurs fois pour faire du rock-jumping. Ca consiste à sauter de 7 ou 8 mètres dans la rivière ou dans la mer. C’est vraiment effrayant mais tellement plein d’adrénaline ! C’est à chaque fois un défi personnel, une rencontre avec le risque et la mort. On a en effet l’impression de se jeter dans le vide sans protection. Même si c’est profond on a toujours la peur d’heurter une pierre ou un rocher qui surgirait de nulle part !

Durant la randonnée on traverse les villages hors du temps. Les enfants (cattle-boys) gardent les troupeaux de vaches avec leurs bâtons et ils nous demandent des bonbons. J’ai le plaisir de pratiquer mes rudiments rudimentaires de Xhosa ! Le problème est toujours le même… je peux poser des questions mais pas comprendre les réponses ! Enfin ca reste un plaisir de me faire comprendre dans un langage africain.

Nous quittons Coffee Bay enchantés mais un peu frustrés d’être limités par le temps. Notre départ se fait dans la brume qui crée une atmosphère digne des contes africains. Brume et bruine rendent la conduite périlleuse surtout quand des créatures surgissent des virages. Les silhouettes de monstres sont en fait des vaches ou des chiens qui errent dans le brouillard.

Nous ferons la route en direction de Durban en pleine nuit. Nous verrons plus de 5 accidents sur la route. On comprend rapidement pourquoi il est déconseillé de rouler la nuit.

Le 24 nous arriverons à Durban sous les nuages mais étouffante par sa chaleur humide. La moiteur de l’air fait coller les vêtements à nos corps suants. C’est désagréable mais ca fait surgir des souvenirs indiens. On trouve un Backpacker tranquille, on se promène un peu dans la ville et on fait nos courses de Noel.

Je suis aux fourneaux pour notre repas de Noel, je ne me rappelle plus ce que j’ai cuisiné mais c’était bon et épicé. Durban est en effet la ville indienne d’Afrique du Sud. Il y a une énorme communauté indienne et pakistanaise. Ghandi y a d’ailleurs passé plusieurs années de sa vie. Au supermarché, le rayon des épices fait le triple en taille par rapport aux supermarchés traditionnels sud-africains.

Nous concluerons notre voyage avec Alex de belle manière par une soirée formidable. Un Noël atypique mais enchanté. Une soirée à discuter, rigoler, philosopher sur la vie. On s’est même fait une session cadeau surprise.

Le lendemain, Alex ira dire au revoir à l’Afrique du Sud sur la plage. Je le sens nostalgique, fixant l’océan atlantique et souriant aux filles qui le sifflent (il fait très beau-gosse métisse). On se dit aussi au revoir et on ressasse les moments forts de notre road trip de plus de 3500 km. Il me laisse avec moi-même à Durban. Seul pour passer la nouvelle année et faire le bilan de ce qui m’arrive. Seul pour peser l’importance de ce que je vis, l’importance du continent où je suis.

Crazy Fucking trip

Sur la Garden Route
HIV sign
Tu veux des ballots ?
Vers la Garden Route
Coucher de Soleil pres de Knysna
Plage sur la Garden Route

Le jour de mon anniversaire, on prenait la route en direction de Durban où nous devions passer la soirée de Noël. On s’engageait sur un autre road trip le jour même de mon anniversaire ! Quel cadeau !

Notre passion commune pour la musique a compté beaucoup durant les milliers de kilomètres effectués. Mettant le volume bien fort, on chantait à tue-tête en se prenant pour des stars. Quoi de meilleur que d’être sur la route en écoutant de la musique à fond les ballons…

Mais dès le deuxième jour, la malchance reprenait un peu de ses droits. Alors qu’on était sur une piste au milieu d’une forêt primaire, nous avons eu un accident. L’après-midi était pourtant superbe, on flânait dans ces paysages plein de fraicheur et de verdure. Et puis vint le virage fatal.